Paroisse cathédrale Saint-Jean de Maurienne
http://paroissecathedralemaurienne.com/Elections-municipales-2014
        Elections municipales 2014

Elections municipales 2014

  • Imprimer cet article
  • Paroisse cathédrale Saint-Jean-de-Maurienne NPC
  • 20 février 2014
  • réagir
  • 0 vote

Réflexion de Mgr Ballot sur les prochaines élections municipales.

Si j’avais à m’adresser aux élus et aux candidats aux futures élections…

En cette période pré-électorale, je me demande ce que j’aimerais dire aux élus, qu’ils soient maires ou conseillers municipaux, et à ceux qui briguent ces responsabilités. Car, comme tout citoyen, je m’intéresse ou je souhaiterais être intéressé par la vie communautaire de mon village, de ma ville ou de mon quartier.
J’essaierais déjà de limiter mes premières réactions, les réactions spontanées, qui sont souvent l’expression d’un mécontentement parce que telle ou telle décision n’est pas allée dans mon sens ou parce que telle demande n’a pas été prise en considération. Je chercherais d’abord à trouver quelques raisons pour remercier. Ce qui m’aiderait à le faire seraient le comportement des élus, leurs témoignages de vie, la cohérence entre leurs paroles et leurs actes. Je verrais aussi comment ils ont essayé ou veulent essayer de favoriser le vivre-ensemble. Je crois que j’arriverais assez vite à les remercier, mes visites pastorales dans toute la Savoie depuis 5 ans m’ayant donné l’occasion de rencontrer beaucoup d’entre eux.
Je les inviterais ensuite, au moment où ils mettent en place les programmes et la composition des équipes, à solliciter des personnes très diverses quant à leurs situations professionnelles ou sociales, à leurs opinions, à leur compréhension de la société. J’inviterais à ce que le seul objectif de ces personnes fût de travailler ensemble, de regarder dans la même direction, d’être désireux de s’enrichir avec leurs différences, cherchant toujours le bien de l’autre avant le sien, considérant toute personne de manière positive et inconditionnelle, se mettant au service du bien commun.

Un projet de vie communautaire

C’est à ce moment-là seulement que pourrait se définir un programme d’action qui ne se réduirait pas à l’exposé des moyens pris, des coûts financiers prévus, des résultats escomptés. A travers ce programme devrait émerger clairement ce que j’appellerais le projet de vie communautaire qui serait réfléchi et voulu ensemble et donc proposé à tous. Le programme et la pensée qui le soutiendrait seraient présentés comme la réponse concrète à la question que nous nous posons tous :

Que voulons-nous vivre ensemble pour être heureux ?

Je leur ferais part également d’un manque personnel que je ressens. J’aimerais en effet connaître leur vision de l’homme. Je les trouve souvent trop discrets et même silencieux sur cette question. J’ai l’impression que la démocratie, permettant à chacun de s’exprimer, les empêche de s’avancer sur ce terrain. En effet dans une société où beaucoup me disent qu’ils ne savent plus où sont les repères, j’aimerais que les élus me disent où ils les trouvent aujourd’hui, qu’ils m’aident à les découvrir, à les formuler. J’aimerais que nos élus nous disent ce qu’ils veulent nous voir vivre ensemble. Ils sont trop le nez dans le guidon. Par exemple je trouve que nous ne sommes pas assez incités à nous saluer tout naturellement, surtout quand on ne se connaît pas. Nous ne savons pas nous remercier les uns les autres. Par exemple lorsque je visite des entreprises, j’admire la compétence des personnes, leur disponibilité, leur courage… Ce que je leur dis d’abord c’est un grand merci. Sans elles tellement de choses me seraient inaccessibles, je suis si limité dans mes capacités. Si j’arrive à faire quelques discours et à prêcher, mon job diront certains, je suis vraiment pas du tout compétent quand il s’agit de faire du pain, de construire un bâtiment ou de programmer un ordinateur. Or nous participons à la logique des flux tendus, si éprouvant dans le travail, par nos exigences, oubliant de dire d’abord merci, de laisser du temps et de ne pas mettre l’argent en premier. La réflexion : « Je peux te payer donc tu dois faire comme je veux », explique souvent nos attitudes trop exigeantes. Les élus pourraient nous dire, au cours de leur campagne électorale, combien l’individualisme auquel nous succombons si facilement est mortifère. Il ne faut pas qu’ils le subissent en laissant entendre qu’il faut bien faire avec… Nous nous ignorons trop les uns les autres. Ainsi les nouveaux arrivants et ceux qui sont originaires du village ou du quartier, qui y vivent depuis longtemps, doivent se rencontrer. La défiance ou le soupçon pourraient laisser place à la confiance et au partage de convictions.

Débattre des sujets de société

La société est en perpétuelle transformation, elle peut s’orienter et nous orienter dans des impasses. Les élus ont le devoir de, sans cesse, veiller à ce risque. Ce sont les sujets dits de société qui sont les plus révélateurs des enjeux pour demain et de certaines impasses. Et, même s’ils sont traités au niveau national, ils habitent les conversations au niveau local et inspirent les points de vue. Il faut nécessairement prendre le temps du débat et s’écouter avant de légiférer sur ces questions. Ainsi, si j’observe l’actualité, je souhaite que tout ce qui touche à la vie soit réfléchi avec beaucoup d’attention. Quelle société préparons-nous lorsque quelques dirigeants nous disent qu’une interruption volontaire de grossesse est un fait anodin et banal, qu’elle est l’exercice d’un simple « droit à disposer de son corps », terrible expression quand on sait combien le corps n’est pas une chose ou un objet mais le lieu des relations, de l’accueil des autres, qu’il est un sujet ? Comment se prétendre si sûrs de ce que veut une personne qui souffre, pour qui la vie est très éprouvante, comme si vouloir mourir était ce qu’il y avait de plus naturel et de plus humain ? Si nos élus ne sont pas les promoteurs et les facilitateurs d’une grande réflexion, d’un large débat, s’il n’y a que quelques personnes choisies pour nous dire ce qu’il faut penser, comment ne pas déserter et ne plus s’intéresser à la vie ensemble et ne pas se refermer sur soi-même ou rejoindre exclusivement des groupes ou des communautés d’appartenance ? Ces sujets-là aussi influent sur nos comportements, notre intérêt à réfléchir, la fraternité entre nous.
Enfin j’ajouterais que beaucoup apprécient le pape François, en voyant son témoignage sur sa manière de s’engager dans la société, d’être et de parler. Je me demande s’il ne pourrait pas inspirer nos élus et nos candidats pour aborder les élections. Ne disait-il pas aux jeunes lors des Journées Mondiales de la Jeunesse à Rio : « Mettez la pagaille, ne vous laissez pas faire, allez à contre-courant… ! » Peut-on rêver le même langage à l’adresse de nos élus ?

Mgr Philippe BALLOT
Évêque de Maurienne

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Dans l'Eglise

Diocèse de Savoie

RCF Savoie

Eglise de France

Nouvelles du Vatican

PNG


Bonnenouvelle.fr

Lectures du jour

Saint(s) du jour

newsletter