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        L’HISTOIRE DU MARIAGE EN FRANCE

L’HISTOIRE DU MARIAGE EN FRANCE

Quelques notions historiques pour mieux appréhender l’histoire du mariage dans notre pays.

Le droit de se marier est un droit fondamental de la personne, défini par l’article 12 de la Convention européenne des droits de l’homme. Il indique qu’« à partir de l’âge nubile, l’homme et la femme ont le droit de se marier et de fonder une famille selon les lois nationales régissant l’exercice de ce droit ».
Cependant, cela n’a pas toujours été ainsi. De l’Antiquité à nos jours, voici la grande histoire du mariage.
Dans la société romaine, fondée sur la famille, le mariage fait partie des devoirs du citoyen. A cette époque, le mariage est interdit aux esclaves et aux étrangers. Seul le mariage reconnu par le droit et qui légitime les enfants du couple, les "justae nuptiae" (Justes Noces), est réservé aux citoyens romains.
Les garçons sont nubiles à l’âge de 14 ans, et de 12 ans pour les filles. Le mariage n’est pas, comme aujourd’hui, le fruit d’un amour réciproque. Il est arrangé entre les pères des futurs mariés, pour servir des intérêts politiques ou économiques. En général, les fiancés ne font connaissance qu’à leurs fiançailles, rituel religieux et acte juridique. Les fiançailles consistent en un engagement réciproque des fiancés devant témoins.
Les fiancés s’échangent leurs anneaux, offerts par le futur marié à sa promise. Ils sont mis à l’auriculaire de la main gauche. C’est à ce moment-là qu’est conclu le contrat de mariage fixant le montant de la dot apportée par la fiancée et la date du mariage.
Il y a trois formes d’unions matrimoniales possibles. Mais, quel que soit le type de mariage pratiqué, ils comportent quasiment les mêmes coutumes. La veille du mariage, la fiancée offre ses poupées aux lares (divinités romaines). Puis, elle s’habille de sa robe de noces blanche, se coiffe et met un voile orangé, parfois accompagné d’une couronne de fleurs, de bijoux, colliers ou bracelets d’or. Par dessus sa tunique, elle porte un châle.
La mariée reçoit le marié et ses parents dans sa famille et tous procèdent à des sacrifices aux dieux sur l’autel familial. La cérémonie, qui se déroule le lendemain, est dirigée par un prêtre appelé "augure". Il vérifie les intestins des animaux sacrifiés pour être sûr que les signes soient favorables et que les dieux approuvent le mariage. Pour les Romains, la religion tient une place importante : si le mariage est de mauvaise augure, il peut être reporté, voire annulé.
Les jeunes mariés signent un contrat (sur lequel les dix témoins apposent leur sceau) et se jurent fidélité. Ensuite, le père de la mariée offre un festin.
Avec l’avènement du christianisme, le mariage a évolué. Il devient principalement une cérémonie privée, qui a lieu au domicile de la future mariée. Selon les moyens des époux, le mariage est l’occasion de fêtes familiales plus ou moins fastueuses. Le mariage consiste en un engagement mutuel. Il peut y avoir une bénédiction, mais elle n’a pas de valeur officielle.
L’habitude de signer un écrit disparaît peu à peu, laissant place à une plus grande liberté et plus d’abus. L’existence même du mariage peut alors être remise en cause, sans la preuve de l’union apportée par des témoins ou le fait d’avoir vécu maritalement.
Les mariages par rapt (sans l’accord des parents de la jeune fille), secrets et divorces deviennent alors monnaie courante.
En 1215, le concile de Latran permet à l’Eglise de remettre un peu d’ordre et de réduire les mariages clandestins ou arrangés. Désormais, il faut publier les bans pour que l’union soit valable. Il est rappelé que le mariage sacramentel est indissoluble, excepté par le décès d’un des conjoints. Autre réglementation mise en place par ce concile, le consentement libre, public et mutuel des époux. Il est également nécessaire d’avoir l’âge requis pour s’unir. Si les règles ne sont pas respectées, le mariage est nul.
Au 16ème siècle, grâce au concile de Trente, l’Eglise rappelle de façon très forte le caractère sacré du mariage. La conséquence est la diminution des concubinages et les enfants illégitimes deviennent plus rares.
Pour être valable, le mariage doit être précédé de la publication des bans. Il doit être célébré par un prêtre devant des témoins. Les époux doivent signer un registre. A cette époque, l’Eglise catholique est la seule à donner de la valeur et à réglementer le mariage.
Jusqu’à la Révolution française, le seul mariage reconnu est le mariage religieux. Les registres paroissiaux sont alors considérés comme la fiche d’état civil de l’époque. La loi du 20 septembre 1792 reprend les règles mises en place par l’Eglise et instaure le mariage civil, enregistré en mairie. Il devient donc le seul valable devant la loi. Le mariage civil doit précéder le mariage religieux, quelle que soit la religion pratiquée. Le non respect de cette règle est constitutif d’un délit.
En 1804, le Code civil napoléonien définit les conditions du mariage. Encore aujourd’hui, elles figurent au titre V du livre I du Code civil. Elles évoquent notamment les qualités et conditions requises pour pouvoir s’unir, les formalités relatives à la célébration du mariage, les oppositions au mariage…
Au milieu du 20ème siècle, disparaît le texte selon lequel « le mari doit protection à sa femme et la femme obéissance à son mari », ce qui signifie la reconnaissance de l’égalité entre époux, autant dans leurs rapports respectifs qu’à l’égard des tiers et vis-à-vis de leurs enfants. De nombreuses réformes ont été engagées depuis 1970.

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