Paroisse cathédrale Saint-Jean de Maurienne
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      Le chemin de croix - 2014

Le chemin de croix - 2014

Nous vous proposons de vivre chaque vendredi un chemin de croix dans une église différente.

Vous pouvez trouver les dates ci-dessous. Un covoiturage est possible devant la cathédrale (14h30).

Vendredi 7 mars : cathédrale

Vendredi 14 mars : Saint-Pancrace (avec Jarrier)

Vendredi 21 mars : Villargondran

Vendredi 28 mars : Montvernier (avec Le Châtel)

Vendredi 4 avril : Saint-Julien

Vendredi 11 avril : Hermillon

Vendredi 18 avril : cathédrale

Veuillez trouver un chemin de croix pour votre méditation domestique.

CHEMIN DE CROIX

Première station : Jésus est condamné à mort

De l’Évangile selon saint Jean 18, 38b-40
Après cela, [Pilate] sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais c’est la coutume chez vous que je relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? » Mais ils se mirent à crier : « Pas lui ! Barabbas ! » (Ce Barabbas était un bandit).

Pilate ne trouve pas de fautes particulières à imputer à Jésus, il cède à la pression des accusateurs et le Nazaréen est ainsi condamné à mort.
Il nous semble écouter Jésus :« Oui, j’ai été condamné à mort, de nombreuses personnes qui semblaient m’aimer et me comprendre ont écouté les mensonges et m’ont accusé.
Elles n’ont pas compris ce que je disais.
Trahi, elles m’ont mis en jugement et condamné.

Un grand nombre de nos familles souffrent de la trahison du conjoint, la personne la plus chère. Fini la joie de la proximité, du vivre à l’unisson ? Où est le fait de se sentir un ? Où est ce « pour toujours » qu’ils s’étaient déclarés ?
Te regarder, Jésus, le trahi,
Et vivre avec toi le moment où s’écroulent l’amour et l’amitié qui s’étaient créés dans notre couple, percevoir dans le cœur les blessures de la confiance trahie, de la familiarité perdue, de la sécurité évanouie.
Toi seul, Jésus, tu peux me comprendre, tu peux me donner courage, tu peux me dire des paroles de vérité, même s’il est difficile de les comprendre.
Tu peux me donner cette force qui me permet de ne pas juger à mon tour.

Deuxième station : Jésus est chargé de la croix

De l’Évangile selon saint Jean 19, 16-17
Alors [Pilate] leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié, et ils se saisirent de lui. Jésus, portant lui-même sa croix sortit en direction du lieu-dit : Le Crâne, ou Calvaire, en hébreu : Golgotha.

Pilate livre Jésus aux mains des chefs des prêtres et des gardes. Les soldats placent sur ses épaules un manteau écarlate et sur sa tête une couronne d’épines, ils se moquent de lui, le malmènent et le flagellent. Puis ils le chargent d’un bois pesant, la croix sur laquelle sont cloués les brigands, pour que tous voient quelle fin ont les malfaiteurs. Un grand nombre des siens s’enfuient.
Cette histoire d’il y a 2000 ans, se répète dans l’histoire de l’Église et de l’humanité. Aujourd’hui encore. C’est le Corps du Christ, c’est l’Église qui est frappée et blessée, de nouveau.
À te voir ainsi, Jésus, couvert de sang, seul, abandonné, raillé, nous nous demandons : « Mais ces gens que tu avais tant aimés, aidés et éclairés, ces hommes, ces femmes n’est-ce-pas aussi nous, aujourd’hui ?
Nous aussi, nous nous sommes cachés de peur d’être impliqués, oubliant d’être Tes disciples ».
Mais la chose plus grave, Jésus, est que j’ai contribué, moi aussi, à ta souffrance.
Nous aussi époux et nos familles.
Nous aussi, nous avons contribué à Te charger d’un poids inhumain.
Chaque fois que nous ne nous sommes pas aimés, quand nous nous sommes renvoyés la faute de l’un à l’autre, quand nous ne nous sommes pas pardonnés, quand nous n’avons pas recommencé à nous aimer.
Et nous au contraire, nous continuons à écouter notre orgueil, nous voulons toujours avoir raison, nous humilions nos proches, et aussi celui qui a lié sa vie à la nôtre.

Troisième station : Jésus tombe pour la première fois

De l’Évangile selon saint Matthieu 11, 28-30
Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger.

Jésus tombe. Les blessures, le poids de la croix, le chemin qui monte, défoncé. Et la foule des gens. Mais ce n’est pas seulement cela qui l’a réduit ainsi. Peut-être est-ce le poids de la tragédie qui s’ouvre dans sa vie. On ne réussit plus à voir Dieu en Jésus, homme qui se montre aussi fragile, qui trébuche et tombe.
Jésus, là, sur cette route, parmi toute cette foule qui hurle et fait du bruit, après être tombé à terre, tu te relèves et cherches à poursuivre la montée.
Au fond du cœur, tu sais que cette souffrance a un sens, tu ressens t’être chargé du poids
de beaucoup de nos manques, trahisons et fautes.
Jésus, ta chute nous fait souffrir parce que nous comprenons que nous en sommes la cause ; ou peut-être notre fragilité, non seulement physique, mais celle de tout notre être.
Nous voudrions ne jamais tomber ; mais il suffit de peu, une difficulté, une tentation, ou un accident et nous nous laissons aller, et nous tombons.
Nous avons promis de suivre Jésus, de respecter et de prendre soin des personnes qu’il avait mises à nos côtés. Oui, en réalité, nous les aimons, ou du moins c’est ce qu’il nous semble. Si elles venaient à disparaître, nous souffririons beaucoup.
Tant de chutes dans nos familles !
Tant de séparations, tant de trahisons !
Et puis les divorces, les avortements, les abandons !
Jésus, aide-nous à comprendre ce qu’est l’amour, enseigne-nous à demander pardon !

Quatrième station : Jésus rencontre sa mère

De l’Évangile selon saint Jean 19, 25
Or près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine.

Dans la montée au Calvaire, Jésus aperçoit sa mère. Leurs regards se croisent. Ils se comprennent. Marie sait qui est son Fils. Elle sait d’où il vient. Elle sait quelle est sa mission. Elle le voit souffrir, pour tous les hommes, d’hier, d’aujourd’hui et demain. Et elle souffre elle aussi.
Jésus, tu pâtis de faire souffrir ta mère de cette façon.
Mais tu dois l’associer à ta divine et terrible aventure.
C’est le plan de Dieu, pour le salut de toute l’humanité.
Pour tous les hommes et toutes les femmes de ce monde, mais en particulier pour nos familles, la rencontre de Jésus avec sa Mère, là, sur le chemin du Calvaire, est un évènement très vivant, toujours actuel. Jésus s’est privé de sa mère pour que nous, chacun de nous ayons une mère toujours disponible et présente. Parfois, nous l’oublions, malheureusement. Mais, quand nous y repensons, nous nous rendons compte que dans notre vie de famille, nous avons recouru à elle d’innombrables fois. Comme elle a été proche de nous dans les moments difficiles ! Combien de fois, lui avons-nous recommandé nos enfants, l’avons-nous suppliée d’intervenir pour leur santé physique et encore plus pour une protection morale !
Et combien de fois Marie nous a écoutés, nous l’avons sentie proche, nous réconfortant de son amour maternel.
Sur le chemin de la croix de chaque famille, Marie est le modèle du silence qui, même dans la souffrance la plus déchirante, engendre la vie nouvelle.

Cinquième station : Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

De l’Évangile selon saint Luc 23, 26
Pendant qu’ils emmenaient Jésus, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus.

Simon de Cyrène représente peut-être chacun de nous lorsque nous arrive à l’improviste une difficulté, une épreuve, une maladie, un poids imprévu, une croix parfois pesante. Pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Le Seigneur nous appelle à le suivre, nous ne savons pas où ni comment.
La chose la meilleure à faire, Jésus, est de venir derrière toi, d’être docile à ce que tu nous demandes.
Beaucoup de familles peuvent le confirmer par une expérience directe : il ne sert à rien de se rebeller, il convient de te dire oui, parce que Tu es le Seigneur du Ciel et de la Terre.
Mais ce n’est pas seulement pour cela que nous pouvons et voulons te dire oui.
Tu nous aimes d’un amour infini.
Plus que le père, la mère, les frères, la femme, le mari, les enfants.
Tu nous aimes d’un amour qui voit loin, d’un amour qui, au-delà de tout, au-delà aussi de notre misère, nous veut sauvés, heureux, avec toi, pour toujours.
Dans une famille aussi, dans les moments plus difficiles, quand une lourde décision doit se prendre, si la paix habite le cœur, si on est attentif à accueillir ce que Dieu désire pour nous, nous sommes éclairés par une lumière qui nous aide à discerner et à porter notre croix.
Le Cyrénéen nous rappelle aussi les nombreux visages des personnes qui ont été proches de nous à des moments où une croix pénible s’est abattue sur nous ou sur notre famille. Il nous fait penser à tant de volontaires qui, dans de nombreuses parties du monde, se dévouent généreusement pour réconforter et aider celui qui est dans la souffrance et la gêne. Il nous enseigne à nous laisser aider avec humilité, si nous en avons besoin, et à être aussi des cyrénéens pour les autres.

Sixième station : Véronique essuie le visage de Jésus

De la deuxième Lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4, 6
Car le Dieu qui a dit : ‘La lumière brillera au milieu des ténèbres’, a lui-même brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ.

Véronique, une des femmes qui suit Jésus, qui a compris qui il est, qui l’aime et par conséquent souffre de le voir souffrir. À présent, elle voit son visage de près, ce visage qui avait très souvent parlé à son âme. Elle le voit bouleversé, sanglant et défiguré, quoique toujours doux et humble.
Elle ne résiste pas. Elle veut soulager ses souffrances. Elle prend un linge et tente d’essuyer le sang et la sueur de ce visage.
Parfois, dans notre vie, nous avons pu essuyer les larmes et la sueur des personnes qui souffrent. Nous avons peut-être assisté un malade en phase terminale dans une salle d’hôpital, nous avons aidé un immigré ou un chômeur, nous avons écouté un prisonnier. Et pour tenter de le soulager, nous avons peut-être essuyé son visage en le regardant avec compassion.
Pourtant, peu souvent, nous nous rappelons qu’en chacun de nos frères qui est dans le besoin tu te caches toi, Fils de Dieu.
Comme notre vie serait différente si nous nous le rappelions !
Petit à petit, nous prendrions conscience de la dignité de tout homme qui vit sur Terre.
Toute personne, belle ou laide, douée ou pas, dès ses premiers moments dans le ventre de sa mère ou âgée désormais, te représente, Jésus.
Bien plus. Chaque frère c’est toi.
En te regardant, réduit en cet état, là sur le Calvaire, nous comprendrions avec Véronique qu’en toute créature humaine nous pouvons te reconnaître.

Septième station : Jésus tombe pour la deuxième fois

De la première Lettre de saint Pierre Apôtre 2, 24
Dans son corps, il a porté nos péchés sur le bois de la croix, afin que nous puissions mourir à nos péchés et vivre dans la justice : c’est par ses blessures que vous avez été guéris.

Pour la deuxième fois, alors qu’il avance sur la voie étroite du Calvaire, Jésus tombe. Nous devinons sa faiblesse physique, après une nuit terrible, après les tortures qu’ils lui ont infligées. Ce ne sont sans doute pas seulement les sévices, l’épuisement et le poids de la croix sur ses épaules qui le font tomber. Sur Jésus pèse un poids non mesurable, quelque chose d’intime et de profond, qui se fait sentir plus nettement à chaque pas.
Nous te voyons comme un pauvre homme quelconque, qui s’est trompé dans sa vie et à présent doit payer.
Et tu sembles ne plus avoir la force physique ni morale d’affronter le nouveau jour. Et tu tombes.
Comme nous nous reconnaissons en toi, Jésus, aussi dans cette nouvelle chute due à l’épuisement.
Toutefois, tu te relèves à nouveau, tu veux y arriver.
Pour nous, pour nous tous, pour nous donner le courage de nous relever.
Notre faiblesse est réelle, mais ton amour est plus grand que nos carences,
il peut toujours nous accueillir et nous comprendre.
Nos péchés, dont tu t’es chargé, t’écrasent, mais ta miséricorde est infiniment plus grande que nos misères.
Oui, Jésus, grâce à toi nous nous relevons.
Nous nous sommes trompés.
Nous nous sommes laissé prendre par les tentations du monde, ne serait-ce que pour obtenir quelques satisfactions, pour nous entendre dire qu’il y a encore quelqu’un qui nous désire, que quelqu’un dit vouloir notre bien, nous aimer même.
Nous avons parfois du mal à maintenir l’engagement pris dans notre fidélité d’époux.
Nous n’avons plus la fraîcheur et l’élan d’un temps.
Tout est répétitif, chaque acte semble pesant, Nous avons envie de fuir.
Néanmoins nous nous efforçons de nous relever, Jésus, sans céder à la plus grande de toutes les tentations : celle de ne plus croire que ton amour peut tout.

Huitième station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem qui pleurent sur lui

De l’Évangile selon saint Luc 23, 27-28
Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se retourna et leur dit : « Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ! »

Parmi la foule qui le suit se trouve un groupe de femmes de Jérusalem : elles le connaissent. En le voyant dans ces conditions, elles se mélangent à la foule et montent vers le Calvaire. Elles pleurent.
Jésus les voit, il saisit leur sentiment de pitié. Et même en ce moment dramatique, il veut leur adresser une parole qui dépasse la simple pitié. Il désire qu’en elles, qu’en nous n’habite pas seulement la commisération, mais la conversion du cœur, qui reconnaît s’être trompé, qui demande pardon, qui recommence une vie nouvelle.
Jésus, combien de fois par lassitude ou par inconscience, par égoïsme ou par crainte, fermons-nous les yeux et refusons-nous d’affronter la réalité !
Surtout, nous ne nous impliquons pas nous-mêmes, nous ne nous efforçons pas de participer de manière profonde et active à la vie et aux besoins de nos frères, proches et éloignés.
Nous continuons à vivre à notre aise, Nous désapprouvons le mal et ceux qui le commettent,
mais nous ne changeons pas notre vie et nous ne faisons rien personnellement pour que les choses changent, que le mal soit anéanti et que justice soit faite.
Souvent les situations ne s’améliorent pas parce que nous n’avons rien fait pour les faire changer. Nous nous sommes effacés sans faire de mal à personne, mais aussi sans faire le bien que nous aurions pu et dû faire. Et quelqu’un paie peut-être aussi pour nous, pour notre négligence.
Jésus, que tes paroles nous réveille, nous donne un peu de cette force qui remue les témoins de l’Évangile, souvent aussi martyrs, pères ou mères ou enfants, qui, par leur sang uni au tien, ont ouvert et ouvrent aujourd’hui encore la route au bien dans le monde.

Neuvième Station : Jésus tombe pour la troisième fois

De l’Évangile selon saint Luc 22, 28-30a
Vous vous avez tenu bon avec moi dans mes épreuves. Et moi, je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi. Ainsi vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume

La montée est brève, mais sa faiblesse est extrême. Jésus est épuisé physiquement, mais aussi moralement. Il sent sur lui la haine des chefs, des prêtres, de la foule qui semblent vouloir déverser sur lui la colère réprimée pour les oppressions passées et présentes. Comme s’ils voulaient prendre leur revanche, en faisant valoir leur pouvoir sur Jésus.
Et tu tombes, tu tombes Jésus, pour la troisième fois.
Tu sembles succomber.
Mais voici qu’à grand peine tu te relèves et tu reprends ton cheminement terrible vers le Golgotha.
Il est certain que, dans le monde entier, beaucoup de nos frères supportent de dures épreuves parce qu’ils te suivent, Jésus.
Ils montent avec toi vers le Calvaire et, avec toi, ils tombent même sous les persécutions qui, depuis deux mille ans, sont infligées à ton Corps qu’est l’Église.
En ayant à cœur ces frères, nous voulons offrir notre vie, nos fragilités, notre misère, nos petites et grandes souffrances quotidiennes. Le bien-être nous anesthésie souvent et nous vivons sans nous engager de toutes nos forces à nous relever et à relever l’humanité. Cependant nous pouvons nous relever, parce que Jésus a trouvé la force de se relever et de reprendre son chemin.
Nos familles aussi font partie de ce tissu fatigué ; elles se retrouvent liées à une vie de bien-être qui devient le but même de la vie. Nos enfants grandissent : nous nous efforçons de les habituer à la sobriété, au sacrifice, au renoncement. Nous nous efforçons de leur donner une vie sociale satisfaisante dans les centres sportifs, associatifs et récréatifs, mais sans que ces activités ne soient qu’une manière de remplir leur journée et d’avoir tout ce qu’ils désirent.
C’est pourquoi, Jésus, nous avons besoin d’écouter tes paroles, dont nous voulons témoigner : « Heureux les pauvres, heureux les doux, heureux les artisans de paix, heureux ceux qui souffrent pour la justice… »

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements

De l’Évangile selon saint Jean 19, 23
Puis les soldats… prirent les habits de Jésus et en firent quatre parts, une pour chacun. Restait la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas.

Jésus est entre les mains des soldats. Comme chaque condamné, on le dépouille, pour l’humilier, le réduire à néant. L’indifférence, le mépris et la désinvolture pour la dignité de la personne humaine s’unissent à l’avidité, à la cupidité et à l’intérêt privé : « Ils prirent les vêtements de Jésus ».
Ta tunique, ô Jésus, était sans couture.
À présent tu te trouves sans vêtement, ô Jésus, et tu éprouves la gêne de celui qui est à la merci des gens qui n’ont aucun respect pour la personne humaine.
Tant de personnes ont souffert et souffrent de ce manque de respect pour la personne humaine, pour leur propre intimité. Peut-être, quelquefois, nous aussi, n’avons-nous pas ce respect dû à la dignité personnelle de ceux qui sont à côté de nous, « possédant » ceux qui nous sont proches, fils, mari, femme ou parent, connu ou inconnu. Au nom de notre prétendue liberté, nous blessons celle des autres : tant de désinvolture, tant de laisser-aller dans les comportements et dans la façon de nous présenter l’un à l’autre !
Jésus, qui se laisse ainsi exposer aux yeux du monde d’alors et aux yeux de l’humanité de toujours, nous rappelle la grandeur de la personne humaine, la dignité que Dieu a donnée à chaque homme, à chaque femme et que rien ni personne ne devrait violer, parce qu’ils sont pétris à l’image de Dieu. Il nous incombe le devoir de promouvoir le respect de la personne humaine et de son corps. Et en particulier, à nous époux, revient le devoir d’unir ces deux réalités fondamentales et inséparables : la dignité et le don total de soi.

Onzième station : Jésus est cloué sur la croix

De l’Évangile selon saint Jean 19, 18-19
Là, ils le crucifièrent, et avec lui deux autres : un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix, avec cette inscription : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs ».

Près du lieu-dit « Calvaire », les soldats crucifient Jésus. Pilate fait écrire : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs », pour le tourner en dérision et humilier les juifs. Mais, même sans le vouloir, cette inscription atteste une réalité : la royauté de Jésus, roi d’un royaume qui n’a de limites ni de lieu ni de temps.
Nous pouvons seulement imaginer la souffrance de Jésus durant la crucifixion, cruelle et extrêmement douloureuse. On entre dans le mystère : pourquoi Dieu, qui s’est fait homme par amour pour nous, se laisse-t-il clouer sur le bois et élever de terre dans des tourments atroces, physiques et spirituels ?
Par amour. Par amour. C’est la loi de l’amour qui porte à donner sa propre vie pour le bien de l’autre. Ces mères qui ont aussi affronté la mort pour donner la vie à leur fils le confirment. Ou encore ces parents qui ont perdu un fils à la guerre ou dans des actes de terrorisme et qui choisissent de ne pas se venger.
Jésus, sur le Calvaire, tu nous personnifies tous, tous les hommes d’hier, d’aujourd’hui et de demain.
Sur la croix tu nous as enseigné à aimer.
À présent nous commençons à comprendre le secret de cette joie parfaite dont tu parlais aux disciples lors de la dernière cène.
Tu as dû descendre du ciel, te faire enfant, puis adulte, et enfin souffrir sur le Calvaire pour nous dire par ta vie ce qu’est le vrai amour.
En te regardant là sur la croix, nous aussi comme famille, époux, parents et enfants nous apprenons à nous aimer et à aimer, à nourrir entre nous cet accueil qui se donne et sait accueillir avec reconnaissance.

Douzième station : Jésus meurt sur la croix

De l’Évangile selon saint Matthieu 27, 45-46
À partir de midi, l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à trois heures. Vers trois heures, Jésus cria d’une voix forte : ‘Eli, Eli, lama sabactani ?’, ce qui veut dire : ‘Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné’.

Jésus est sur la croix. Heures d’angoisse, heures terribles, heures de souffrances physiques inhumaines. « J’ai soif », dit Jésus. Et on lui approche de la bouche une éponge imprégnée de vinaigre.
Un cri jaillit inattendu : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Blasphème ? Le condamné crie- t-il le psaume ? Comment accepter un Dieu qui crie, qui se lamente, qui ne sait pas, qui ne comprend pas ? Le Fils de Dieu fait homme qui se sent mourir abandonné par son Père ?
Jésus, jusqu’à ce point tu t’es fait l’un de nous, un avec nous excepté le péché !
Toi, le Fils de Dieu fait homme, tu t’es identifié à nous jusqu’à faire l’expérience, toi qui es le Saint, de notre condition de pécheur, de l’éloignement de Dieu, de l’enfer de ceux qui sont sans Dieu.
Tu as expérimenté les ténèbres pour nous donner la lumière.
Tu as vécu la séparation pour nous donner l’unité.
Tu as accepté la souffrance pour nous laisser l’Amour.
Tu as éprouvé l’exclusion, abandonné et suspendu entre ciel et terre, pour nous accueillir dans la vie de Dieu.
Un mystère nous enveloppe en revivant chaque étape de ta Passion.
Jésus, tu ne tiens pas jalousement comme un trésor ton égalité avec Dieu, mais tu te fais pauvre de tout pour nous enrichir.
« En tes mains, je remets mon esprit ».
Comment as-tu fait, Jésus, dans cet abîme de désolation, pour te confier à l’Amour du Père, t’abandonner en lui, mourir en lui ?
Seulement en te regardant, seulement avec toi nous pouvons affronter les tragédies, les souffrances des innocents, les humiliations, les outrages, la mort.
Jésus vit sa mort comme don pour moi, pour nous, pour notre famille, pour chaque personne, pour chaque famille, pour chaque peuple, pour l’humanité tout entière. Dans cet acte renaît la vie.

Treizième station : Jésus est descendu de la croix et confié à sa mère

De l’Évangile selon saint Jean 19,38
Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par peur des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus.

Marie voit mourir son Fils, le Fils de Dieu et le sien aussi. Elle sait qu’il est innocent, mais il s’est chargé du poids de nos misères. La Mère offre le Fils, le Fils offre la Mère. A Jean, à nous.
Jésus et Marie, voici une famille qui, sur le Calvaire, vit et souffre le détachement suprême. La mort les divise, ou tout au moins semble les diviser, une mère et un fils avec un lien à la fois humain et divin inimaginable. Par amour ils le donnent. Ils s’abandonnent tous deux à la volonté de Dieu.
L’amour de Marie pour chacun de nous est le prolongement de l’amour qu’elle a eu pour Jésus. Oui, parce que dans les disciples elle verra son visage à Lui. Et elle vivra pour eux, pour les élever, les aider, les inciter, les pousser à reconnaître l’Amour de Dieu.
Que disent-ils à moi, à notre famille, cette Mère et ce Fils sur le Calvaire ? Chacun de nous ne peut que s’arrêter, muet, devant une telle scène. On perçoit que cette Mère et ce Fils sont en train de nous faire un don unique, sans nom. En eux, en effet, nous trouvons la capacité de dilater notre cœur et d’ouvrir notre horizon à une dimension universelle.
Là, sur le Calvaire, près de toi, Jésus, mort pour nous, nos familles accueillent le don de Dieu : le don d’un amour qui peut ouvrir les bras à l’infini.

Quatorzième station : Jésus est mis au tombeau

De l’Évangile selon saint Jean 19, 41-42
Près du lieu où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin, et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore mis personne. Comme le sabbat des Juifs allait commencer, et que ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

Un profond silence enveloppe le Calvaire. Jean, dans son Évangile atteste que le Calvaire se trouve dans un jardin où il y a un tombeau encore inutilisé. C’est là justement que les disciples de Jésus déposent son corps.
Ce Jésus qu’ils ont petit à petit reconnu comme Dieu qui s’est fait homme, est là, cadavre. Dans la solitude inconnue, ils se sentent perdus, ne savent que faire, ni comment se comporter. Il ne leur reste plus qu’à se consoler mutuellement, à s’encourager l’un l’autre, à resserrer leurs liens. Mais là aussi, chez les disciples murît le moment de la foi, du souvenir de ce que Jésus a dit et fait quand il était au milieu d’eux, et qu’ils n’avaient alors compris qu’en partie.
Là ils commencent à former l’Église, en attente de la résurrection et de l’effusion de l’Esprit. Avec eux, il y avait la mère de Jésus, Marie, que son Fils avait confiée à Jean. Ils se rassemblent entre eux, avec elle, autour d’elle. Dans l’attente. Dans l’attente que le Seigneur se manifeste.
Nous savons que ce corps après trois jours est ressuscité. Ainsi Jésus vit pour toujours et nous accompagne, lui personnellement, sur notre route terrestre, parmi les joies et les tribulations.
Jésus, fais que nous nous aimions les uns les autres.
Pour t’avoir de nouveau au milieu de nous, chaque jour, comme toi-même tu l’as promis : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, Je suis au milieu d’eux ».

Photos du chemin de croix de l’église d’Albiez le Jeune

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