Paroisse cathédrale Saint-Jean de Maurienne
http://paroissecathedralemaurienne.com/Un-diacre
      José, diacre permanent

José, diacre permanent

  • Imprimer cet article
  • 27 février 2012
  • réagir

Voici une interview de notre diacre José Da Silva qui nous parle de sa vocation et de ses missions.

1/ Qui êtes-vous ?

Je suis d’origine portugaise, comme mon nom l’indique. Je suis arrivé à St Jean en 1971 avec mon épouse Marie-José. J’ai deux enfants : Pedro et Emmanuel. Par ma situation d’immigré, je me sens davantage proche des plus pauvres.

2/ Pourquoi êtes-vous diacre ?

J’ai été appelé, j’ai répondu à un appel de l’Eglise. Mgr Claude Feidt m’a invité à réfléchir sur la question du diaconat. J’ai alors eu 4 ans de formation et j’ai été ordonné en 1995 à Saint-Jean-de-Maurienne

3/ Comment se passe cette formation et comment devient-on diacre ?

Elle s’échelonne sur 4 ou 5 ans avec des retraites à Lyon, Chambéry, Tamié… Nous sommes accompagnés dans ce discernement par un prêtre formateur au sein d’un groupe. On marche lentement : une rencontre tous les 2 ou 3 mois. Je vais souvent à Lyon pour rencontrer d’autres diacres et prêtres. J’ai eu un travail de fond à faire à la maison pour approfondir la Parole du Seigneur, réfléchir au pourquoi de cet engagement.
La dernière année de formation, une équipe d’accompagnement aide celui qui va être ordonné diacre à discerner la future mission que l’évêque va lui confier. Le futur diacre choisit lui-même cette équipe, cela peut être des collègues, des animateurs liturgiques, des amis de quartier...

4/ Vous avez discerné cet appel pendant 4 ans. Quelles questions vous posiez-vous ?

La première année est une année de discernement. Je me posais des questions comme Moïse : je ne suis pas bon à parler, je ne suis pas bon en langues… J’ai réalisé que je pouvais le faire grâce à l’aide des autres, car on n’est pas chrétien seul.

5/ Quand et comment avez-vous perçu le déclic de votre engagement ?

Au bout d’un an de formation, j’ai fait une retraite à La Léchère qui avait pour thème : sur les pas de Saint François de Sales, « fleurir et donner du fruit là où nous sommes plantés » Et ce fut le déclic. J’ai eu un second déclic lors d’une campagne nationale portugaise à Lyon sur la Pastorale des migrants. Il y avait une réflexion sur l’engagement des portugais dans les Eglises de France. Ce fut décisif.

Le jour de l’ordination

6/ Comment se sent-on quand on a un déclic ?

La première question qui m’est venue est : pourquoi moi ?
On y réfléchit puis on finit par lâcher prise, on s’abandonne. Le premier pas franchi, on en franchit un autre. L’Eglise a accepté et surtout apprécié cette ordination.

7/ Que signifie pour vous être diacre ?

Le mot diacre vient d’un mot grec et signifie serviteur. C’est un ministre de l’Eglise, il participe à la vie sacramentelle et liturgique. Un diacre ne consacre pas le pain et le vin à l’autel, il sert à la table de la Parole et de l’Eucharistie (service de table). Un diacre, comme le disait Mgr Feidt, c’est « le clignotant de l’Evêque »
Pour moi être diacre, c’est être disponible pour servir mes frères, chrétiens ou non, c’est être prêt à marcher avec l’autre, l’accompagner, c’est « cheminer avec », comme le dit si bien notre Evêque Mgr Ballot.

8/ Parlez-nous un peu du jour de votre ordination. Dans quel état d’esprit se sent-on ?

C’était le 28/05/1995, à Saint Jean. Ce qui m’a surpris c’est que la Cathédrale soit comble. Les gens étaient venus de partout : d’Ardèche, de Haute-Savoie… J’ai vécu ce jour comme si c’était mon mariage. J’étais comme sur un nuage, c’est quelque chose de presque surnaturel. Le moment de la prostration est une chose immense et inexplicable. Quand on se relève de terre, tout se vide et on est transformé.

Prostration le jour de l’ordination diaconale

9/ Quelles sont vos missions au sein de l’Eglise ?

Ma mission principale, c’est une présence au sein de la Pastorale de migrants.
Je suis également responsable du pèlerinage des portugais à Notre Dame de Myans pour le Lundi de Pentecôte.
L’évêque laisse le prêtre de la paroisse libre de me confier aussi d’autres missions comme l’accompagnement des familles en deuil par la célébration des funérailles. Je célèbre aussi quelques baptêmes et mariages en collaboration avec le prêtre de la paroisse.

10/ Quel est votre meilleur souvenir de votre vie de diacre ?

En 2007, j’ai vécu quelque chose de formidable à Lourdes avec le Père Romanaz. C’était une rencontre nationale de 4 jours sur le catéchisme. Au cours de cette rencontre de débats, d’échanges et de propositions, des questions importantes ont été abordées. J’ai eu le sentiment que l’Eglise voulait aller de l’avant. Elle pense à ceux qui sont exclus, souffrants.

11/ Revenons à la Pastorale des migrants. Dites-nous en plus sur son fonctionnement, ses missions

Elle est constituée par une bonne équipe diocésaine qui se réunit tous les 3 mois. Ensemble, nous décidons des actions à mener comme par exemple effectuer un cercle de silence à Chambéry. C’est un appui aux migrants pour alerter les autorités des problèmes plus ou moins graves. Au lieu d’encombrer les rues avec des manifestations, nous avons suivi l’exemple des franciscains à Toulouse en nous réunissant en silence dans un cercle avec une bougie au centre. Ceci interpelle plus les gens et c’est plus respectueux.
Il faut être attentif aux questions nationales. Les politiques font des migrants leur bouc émissaire. Je sais que la France ne peut accueillir toute la misère du monde mais il y a des priorités humanitaires alors la Pastorale des migrants veille à ce que tout se passe bien dans les centres de détention surtout quand les détenus sont des femmes ou des enfants.

Journées Mondiales de la jeunesse.
Départ à Paris d’Hautecombe

12/ Parlons de votre épouse. Si vous ne l’aviez pas rencontrée, auriez-vous souhaité être prêtre ?

Oui, cela aurait pu se faire. Mais je suis bien comme je suis et c’est à travers elle que je chemine. On fait beaucoup de choses ensemble. La famille, c’est essentiel, c’est de là que naissent les vocations nouvelles d’hommes et de femmes.

13/ Justement, comment votre épouse vous soutient-elle dans vos missions au quotidien ?

Elle m’accompagne dans beaucoup de réunions, des retraites, des formations… Ainsi, elle sait à quoi je me prépare. Elle joue un rôle important dans l’accueil des couples. Elle fait beaucoup de choses dans la discrétion, elle apporte une écoute attentive aux gens, ce qui de nos jours est rare.

14/ Pour terminer, que pourriez-vous dire aux jeunes afin de faire naître chez eux une vocation sacerdotale ou religieuse ?

Qu’ils fréquentent l’Eglise pour écouter la Parole de Dieu pas seulement dans les moments où tout va mal ou lors des baptêmes ou des mariages. Il faut qu’ils soient assidus à l’écoute de cette Parole.
Il faudrait partir en croisée pour les rencontrer là où ils se trouvent.
Je dirai qu’il faut rester éveillé, simple, disponible, écouter avant tout les souffrances de ce monde, accueillir nos frères et sœurs lors de la préparation d’un sacrement, d’une visite… Il faut accueillir la fragilité de l’autre pour l’AUTRE. Je dois trouver le moyen d’être contagieux, d’être en tenue de service. Saint Paul dit : "malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile", ma foi me dit sème avec confiance à temps et à contre temps, le temps de la récolte viendra, peu importe qui moissonnera.

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Agenda
septembre 2017 :

Rien pour ce mois

août 2017 | octobre 2017

newsletter